« Les photos de cadavres sont désespérément vaines. Les sujets racontent avec éloquence la façon dont ils existaient jusqu’aux derniers instants avant leur mort, mais ils ne révèlent aucune vérité sur la mort elle-même, en outre, ils couvrent tous les thèmes possibles par leur présence écrasante et refusent toute explication langagière, ne nous laissant aucune place pour l’imagination. » Reporter ayant couvert de nombreux conflits, Tsurisaki Kiyotaka propose une réflexion saisissante sur la (re-) présentation du corps mort dans la photographie contemporaine. S’opposant aux pratiques fantasmatiques (Witkin) ou justificatrices (Nachtwey), il opte pour une attitude sans concession où les cadavres reprennent leur droit de cité dans l’espace social et symbolique.

Né en 1966 à Toyama au Japon, diplômé de l’université de Keio en littérature, Tsurisaki Kiyotaka fait ses débuts comme réalisateur de films SM, puis devient photographe freelance, travaillant principalement autour du thème de la mort. Il traverse de nombreux pays comme la Thaïlande, la Colombie, la Russie, la Palestine et couvre divers conflits, prenant des photographies de plus de mille corps.