Shintaro Kago

Depuis la fin des années 1980, Shintaro Kago s’applique méthodiquement à repousser les limites du genre fantastico-horrifique, illustrant de son trait à la précision chirurgicale les thèmes les plus dérangeants. Mutilations en tous genres, sexualité extrême et scatologie se mêlent en un cocktail corrosif sur près d’une quarantaine de livres comme autant de variations sur le thème de la folie. On aurait cependant tort d’y voir la trace d’une fascination malsaine ; ces motifs ne sont que des prétextes, des mèches menant au baril de poudre d’un humour qui fait feu de tout bois. Car Kago est tout autant l’héritier du théâtre Grand Guignol que celui des Monthy Python, et la violence de ses images finit toujours broyée par la logique tordue de ses histoires, aux concepts vrillés jusqu’au dernier spasme d’absurdité. Ses travaux les plus récents (Fraction, Une Collision accidentelle…) l’ont ainsi vu explorer une ligne très OuBapienne, triturant en tous sens les codes de la bande dessinée pour mieux secouer le lecteur d’un grand éclat de rire incrédule. Le travail de Shintaro Kago a été publié dans de nombreuses revues, de Weekly Young Jump à Ax en passant par Vice Magazine, et a été récompensé par un prix lors du festival de manga de Barcelone en 2013.