Plainte contre la France
L’extinction des espèces animales n’est pas une fatalité. Cette mauvaise
cause a des partisans, des artisans. Un exemple, : la disparition de l’ours
des Pyrénées. La France a bien signé les traités internationaux mais n’a
rien fait pour protéger efficacement cet animal menacé, qui gêne de nombteux
intérêts. Diverses associations de protection de la faune sauvage portent
maintenant plainte contre la France devant l’Europe. Il n’y a pas de raison
que ces documents accablants restent confidentiels, cantonnés aux circuits
administratifs. On trouvera ici, dans ce dossier simplement abrégé pour être
agréablement lisible, un argumentaire complet : chronique de l’extinction
de l’ours, causes, méthodes, nom des coupables et des complices et ce qu’il
faudrait concrètement faire pour sauver le plus grand carnassier d’Europe.
Ce dossier est complété par un essai de Stéphan Carbonnaux, qui suit ce
dossier depuis 16 ans, et qui apporte un complément affectif, personnel et
documenté sur ce sujet : une élégie sur la tristesse des forêts sans ours.

Plainte contre la France est le résultat du travail d’associations de protection de la nature et fait suite à la plainte déposée auprès de la Cour de justice de l’Union européenne.

Naturaliste, écrivain et conférencier, Stéphan Carbonnaux est l’un des spécialistes français de l’ours. Il a
notamment publié la biographie Robert Hainard, Chasseur au crayon (Hesse) et un essai, Le Cantique de
l’ours, Petit plaidoyer pour le frère sauvage de l’homme (Transboréal).

Tous les États du monde déplorent « la perte de biodiversité », mais combien s’avisent de prendre les mesures nécessaires à une protection effective des espèces menacées sur leur sol ? Cette protection imposerait nécessairement des contraintes, lesquelles gênent des intérêts économiques, contrarient des habitudes, irritent des corporations, et auraient donc des conséquences électorales, alors que les animaux, eux, ne votent pas. En outre, la plupart des responsables politiques ne comprennent guère en quoi il serait nécessaire de protéger des animaux et donc des milieux dont la disparition favoriserait au contraire les projets qui leur tiennent vraiment à cœur et qui, évidemment, sont d’un autre ordre.